Dans le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre, garder son monde bien au chaud – heureux, motivé et passionné – et attirer des candidat·es, ça représente tout un défi pour de nombreuses entreprises! Quels avantages les organisations peuvent-elles offrir pour s’assurer de se démarquer comme un employeur de choix? Et ces petits perks sont-ils bénéfiques pour la marque employeur?

Il y a 10 ans, 20 ans, 30 ans, avoir un emploi stable et un fonds de pension suffisaient bien souvent à contenter et à sécuriser toute personne sur le marché du travail. Une table de babyfoot au bureau, c’était cool. La machine à café agissait à titre de rassembleuse entre les collègues, puisque c’était autour d’elle qu’on jasait et qu’on échangeait des potins. Ah, si cette machine à café avait des oreilles! Aujourd’hui, tellement plus de choses entrent en ligne de compte, lorsqu’une personne est à la recherche d’un emploi.
Ainsi, que doit faire une entreprise pour s’assurer de garder son monde chez elle? Quels bénéfices et avantages font le plus de l’œil aux nouveaux et futurs talents? «Avant toute chose, il est important de se poser la question à savoir si on a les bons perks. Ça se peut que ça fasse longtemps qu’on les ait mais qu’aujourd’hui, ça ne soit plus ça que les gens veulent, propose Fanny Thibault, stratège senior chez sept24. Je pense que c’est ça qui est le plus fort, le lien entre la marque employeur et les bénéfices qu’on veut offrir à notre personnel. Ça doit être le reflet de ses besoins, sa réalité. Qu’est-ce que vos employé·es aiment de vos avantages, présentement ? Qu’est-ce qu’ils·elles n’aiment pas et donc que vous n’avez pas vraiment besoin de garder ? »
Fanny Thibault, stratège senior chez sept24 / Crédit photo: Martin Clairmont - sept24
En se posant les bonnes questions, cibler les bons avantages s’avèrent plus évident. On peut néanmoins voir certaines grandes catégories se dessiner. «Les perks les plus classiques sur le marché sont liés à la flexibilité. La flexibilité des horaires de travail, mais aussi du lieu de travail. Avec la pandémie, bien des personnes ont été à 100% en télétravail. Je ne crois pas que les entreprises qui décident de ramener leur monde à cinq jours semaines au bureau vont garder leurs employé·es», explique Noémie Barthelet, directrice de Grenier recrutement. Le mode hybride peut se déployer de bien des façons. «Il peut y avoir une flexibilité quant au nombre de jours qu’une personne peut aller au bureau. Donc, ne pas forcément imposer des jours fixes de présence au bureau», ajoute-t-elle.
Noémie Barthelet, directrice de Grenier recrutement
En sondant les potentiel·les candidat·es et les étudiant·es – ces employé·es du monde de demain – Noémie Barthelet et Fanny Thibault constatent toutes deux qu’un bon salaire n’est pas la principale cible de leur avenir professionnel. «Les candidat·es avec qui je parle vont souvent me dire que ce qui les attire en premier lieu, c’est l’environnement de travail, les conditions de travail, les valeurs d’une compagnie. C’est comme un package qui vient ensemble. Si tu fais un bon salaire, mais que tu n’as aucun petit à-côté, en général, ça ne passe pas très bien», partage Noémie Barthelet. À la fin de l’année 2022, l’agence en marketing RH sept24 a sondé les finissant·es universitaires pour tâter le pouls en lien avec leurs attentes sur le marché du travail. «L’élément qui est ressorti en premier est qu’il·elles veulent avoir des avantages sociaux qui sont complets et adaptés, précise Fanny Thibault. Les avantages sociaux, c’est large quand même. Si vous ne pouvez pas offrir de REER à cotisation de l’employeur en tant que petite entreprise, peut-être que ce que vous pouvez offrir à vos employé·es, ce sont les conseils d’un·e professionnel·le sur comment planifier leur retraite, une chose qu’on n’apprend pas à l’école. Peut-être que c’est de l’accompagnement dans des choses comme ça qui va être intéressant.»
Se démarquer en faisant preuve d’originalité
Un·e employé·e qui use de son imagination et de sa créativité et qui fait preuve d’originalité, c’est souvent gagnant. Eh bien, c’est la même chose pour les entreprises, lorsqu’il est question de partir à la chasse aux avantages les plus intrigants – voire inusités – et stimulants ! «Il y a tellement de perks auxquels on ne pense pas et qui peuvent être super intéressants. Par exemple, j’ai déjà vu plusieurs entreprises offrir à leurs employé·es de faire venir un service de changement de pneus au bureau. Ça peut tellement être compliqué d’avoir un rendez-vous au printemps et à l’automne pour faire changer les pneus de notre véhicule», souligne en riant Fanny Thibault. En offrant un tel service, l’entreprise est gagnante sur deux points: les personnes viennent au bureau; on les mobilise et on crée une occasion pour qu’elles se voient. Évidemment, il en revient à chacune de débourser les frais de son changement de pneus, mais personne n’a besoin d’aller ailleurs. «C’est intéressant pour l’employeur de se dire que personne ne va lui demander de s’absenter du travail pour aller faire changer ses pneus», ajoute-t-elle.
Puisque la question de la santé mentale est également de plus en plus importante, une autre idée d’un bénéfice intéressant peut être d’ajouter des congés personnels, des congés de famille, des congés de bien-être de santé mentale. À un rythme d’une journée aux deux mois, par exemple. «Une avenue différente peut être d’offrir la télémédecine. Les employé·es peuvent consulter un·e psychologue directement sur une plateforme en ligne, avoir un rendez-vous rapidement et c’est gratuit. Ça fait partie du package que l’employeur paie, avec les assurances collectives», explique Noémie Barthelet.
Des perks qui se reflètent sur la marque employeur?
En ayant une approche qui lui permet de rayonner auprès de ses employé·es actuel·les tout en séduisant de futur·es candidat·es, une entreprise peut-elle aussi bénéficier de ces petits plus qu’elle offre ? «Oui, la marque employeur et le lien entre ces fameux bénéfices, c’est une chose hyper importante parce que la marque employeur, c’est plus qu’une campagne de recrutement», souligne Fanny Thibault. Embaucher des gens, c’est bien, mais il faut aussi parvenir à les garder. «C’est là où les avantages deviennent vraiment importants parce que si on fait des belles campagnes de recrutement, mais qu’on n’a rien à offrir à nos gens, on ne leur donne pas de raisons de rester. Pour moi, ce qui est primordial dans une marque employeur forte, c’est comment on la fait vivre, surtout à l’interne. Des gens se sont fait promettre de belles choses et quand ils sont arrivés, ce n’était pas exactement ça. Ainsi, les perks, si on les promet à l’externe, il faut que ça soit réellement vécu à l’interne», précise-t-elle. Encore une fois, la santé mentale s’illustre comme un élément clé à mettre en avant-plan. «Tout ce qui est relié à la santé mentale, c’est bénéfique d’un côté et de l’autre. Plus une entreprise prend soin de la santé mentale de ses employé·es, plus elle en bénéficie comme employeur», ajoute pour sa part Noémie Barthelet.
Les valeurs d’une entreprise resteront toujours importantes pour ceux et celles qui y travaillent ou qui songent y bâtir une carrière. Et ces valeurs se reflètent à travers les perks offerts pour attirer la main-d’œuvre. «C’est vraiment important pour la marque employeur de mentionner les valeurs de l’entreprise sur une offre d’emploi. Mais, il faut les appliquer ces valeurs. La marque employeur, je dirais que c’est aligner ses babines avec ses bottines», conclut en riant Noémie Barthelet.