Affaires de l'industrie

28 jours sans alcool: le défi parfait pour changer de tempo

par Émilie Desgagné 26 janvier 2024

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Nous voilà presque en février. Les Fêtes sont désormais un souvenir lointain, les résolutions du Nouvel An aussi. Le Québec tout entier s’encabane, se plaint de l’hiver qui s’étire et se vautre dans un marathon de séries télé. Heureusement, même s’il semble durer une éternité, février est aussi le mois le plus court de l’année, donc le moment idéal pour se lancer un défi qu’on a (semi) envie de relever.

C’est exactement ce que Jean-Sébastien Chouinard et Antoine Théôret-Poupart se sont dit, il y a 12 ans lorsqu’ils ont créé, un peu malgré eux, le Défi 28 jours sans alcool.

jean sebastienJean-Sébastien Chouinard

«Nous étions tous les deux chez Adviso. À l’époque, le credo dans toutes les agences, c’était pas mal Work Hard, Play Hard, se souvient Jean-Sébastien Chouinard. Il y avait beaucoup de 5 à 7, de soirées et d’événements après le travail où l’alcool coulait à flots. Puis, après plusieurs années à maintenir ce rythme, j’ai commencé à trouver que l’alcool était trop au centre de ma vie.»

Comme bien des gens, il a pris la résolution de ralentir sa consommation dès le 1er janvier. Et, comme pour bien des gens, la résolution n’a pas tout à fait fonctionné comme prévu.

«J’ai parlé de mon idée avec mon collègue Antoine et il m’a aussitôt dit qu’il embarquait… au retour de son voyage de voile. Nous avons donc convenu de le faire en février. En plus, comme ça, la pause serait moins longue», raconte-t-il en riant.

Connaissant bien la vie sociale de son ami, Jean-Sébastien a entrepris de créer un événement Facebook afin de hausser la pression d’un cran. «Comme ça, si j’en parlais à tout le monde, nous ne pouvions pas abandonner à mi-parcours.» Eh bien, l’événement a fait boule de neige. Rapidement, le mot s’est passé dans la communauté et même les blogueur·euses (influenceur·ceuses de l’époque) se sont intéressé·es au phénomène. «Nous nous sommes retrouvés à être les instigateurs d’un mouvement sans-alcool», lâche Jean-Sébastien sans prétention.

Soberary: les 28 jours les plus longs de ta vie. C’est ainsi que Jean-Sébastien et Antoine, dotés d’un humour sarcastique et bien conscients du sacrifice qui attendait leurs camarades de l’industrie, ont baptisé l’initiative. Parce que février a beau être court, quatre semaines sans p’tit verre de vin, ce n’est pas exactement ce que le commun des mortels a en tête pour pimenter un mois de froid sibérien. Un an plus tard, le duo s’associait à la Fondation Jean Lapointe et c’est là que le Défi 28 jours sans alcool tel qu’on le connaît aujourd’hui est né.

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Le 1er février, démarrera donc la 11e édition du défi au profit de la Fondation Jean Lapointe qui appuie la lutte contre les dépendances. Les dons récoltés soutiennent les programmes de sensibilisation, de prévention (particulièrement auprès des jeunes) et de traitement de l’organisme. En 2022, ce ne sont pas moins de 1,3 million $ en dons qui ont été versés grâce à 13 000 participant·es à travers la province. À nouveau cette année, la Fondation vise le million afin de poursuivre son précieux travail auprès de la communauté.

«Le mouvement a beaucoup évolué. Au départ, notre objectif était de s’adresser à l’industrie de la communication marketing, alors que maintenant c’est vraiment un événement ouvert à tout le monde», dit Jean-Sébastien. Le défi 28 jours sans alcool jouit d’ailleurs d’un taux de notoriété de 71% auprès de la population québécoise selon un sondage Léger réalisé en 2021. «Il y a de plus en plus de gens sobres, poursuit l’instigateur. Quand nous avons commencé, nous nous faisions regarder drôlement, juger, poser des questions. Aujourd’hui, ce n’est plus tabou et la sélection de boissons sans alcool sur le marché a vraiment explosé.»

En effet, le marché mondial des boissons non alcoolisées représentait plus de 22 milliards $ US en 2022 et sa valeur pourrait doubler au cours de la prochaine décennie1. Le choix impressionnant de bières et de vins sans alcool ainsi que de mocktails favorise certainement l’engouement pour le Défi 28 jours en plus de faciliter l’abstinence, mais la formule du défi lui-même y est aussi pour quelque chose.

«L’alcool est tellement ancré dans nos habitudes collectives qu’il peut être difficile de sortir des conventions sociales. Avec le défi, nous offrons aux gens un véhicule et les outils nécessaires pour changer de tempo.»

L’inscription peut se faire individuellement ou en équipe, notamment avec son employeur, chose qu’encourage fortement Jean-Sébastien puisque l’effet de masse procure une motivation supplémentaire.

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Pourquoi participer? «Parce que la vie va vite et qu’il est nécessaire de prendre une pause pour se recentrer sur les choses qui nous font vraiment du bien», répond Jean-Sébastien qui affirme avoir recommencé à faire plus de sport, mais aussi se reposer davantage depuis qu’il fait le défi. «Se réveiller en forme le samedi matin, être d’attaque pour le weekend, c’est plutôt satisfaisant», assure-t-il.

Néanmoins, le but du défi n’est pas tant de pousser les gens à la sobriété éternelle, mais plutôt de favoriser une prise de conscience et de les amener à se détacher d’un mode de vie trop axé sur la consommation d’alcool. Selon les données de 2020-2021 publiées par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), les Québécois·es consomment en moyenne 8,4 litres d’alcool pur par année, soit l’équivalent de 494 consommations. C’est beaucoup. Un souper entre ami·es par-ci, une longue soirée à l’agence par-là, le 5 à 7 du jeudi soir, le boozy brunch du dimanche… les occasions de boire sont multiples et c’est en arrêtant qu’on s’en rend compte. «Tous les ans, je reçois des messages du fond du cœur de personnes qui ont fait le défi et chez qui ça a sonné une cloche. Elles me remercient de les avoir aidées à changer leurs habitudes de vie», conclut Jean-Sébastien.

En plus d’être bon pour la santé mentale et physique, le Défi 28 jours sans alcool est excellent pour le portefeuille et indispensable pour la lutte essentielle que mène la Fondation Jean-Lapointe. Bref, c’est gagnant-gagnant-gagnant.

Alors, qu’attendez-vous pour troquer votre margarita pour un matcha?

S’inscrire au Défi

La Fondation Jean Lapointe en quelques chiffres:

  • 48 156 jeunes de 1re secondaire sensibilisés aux problématiques liées à la consommation d’alcool et d’autres substances.
  • 44 995 adolescents des autres niveaux du secondaire ont été rencontrés par l’équipe de la Prévention Jean Lapointe.
  • 200 familles et toxicomanes ont été aidés et outillés grâce aux dons et sont repartis remplis d’espoir pour l’avenir.

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https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1942329/vin-biere-alcool-boisson-popularite

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