Alexandre Pachulski (Talentsoft)

Profils atypiques en milieu de travail

par Alexandre Pachulski (Talentsoft), le 8 octobre 2019


Demain, les profils atypiques seront la norme partout dans le monde. À l’heure où la société prend un tournant important en matière de technologie et d’intelligence artificielle, nous assistons à une obsolescence des compétences générales de plus en plus rapide. Les travailleurs ayant suivi un parcours moins commun peuvent ainsi représenter des avantages que les entreprises se doivent de prendre en compte dans leur processus d’embauche, particulièrement au Québec aux prises avec une pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs de l’économie.

Quand les chemins se font plus sinueux, que les personnes se cherchent, s’adonnent à des activités de différentes natures, au sein de différentes entreprises, en tant que salariés ou en tant que travailleurs indépendants, les choses se compliquent fortement. Comment justifier son parcours ? Quelle histoire raconter aux recruteurs peu enclins à prendre des risques ?

On ne leur reprochera jamais d’avoir embauché un diplômé venant d’une grande université renommée qui n’aura finalement pas fait l’affaire pour le poste. En revanche, le moindre écart de la part d’un profil atypique sera perçu comme une erreur de recrutement.

Les profils atypiques doutent, culpabilisent même d’avancer de manière hésitante sur leur propre voie. Pourtant, dans la société telle qu’elle est bâtie aujourd’hui, rien ne nous aide à découvrir notre singularité et à aligner qui nous sommes avec ce que nous faisons. L’école nous apprend mille choses, sauf à nous connaître. Le travail ne nous autorise ensuite que très peu d’errances, nous contraignant ainsi à poursuivre la dynamique créée par notre première expérience professionnelle, souvent « subie » plutôt que choisie.

Une capacité d’adaptation plus rapide

Il se pourrait bien que cette errance se transforme en avantage pour les entreprises, tant celles-ci sont confrontées à un rythme d’apparition de nouveaux problèmes, toujours plus complexes, nécessitant un assemblage toujours plus important de compétences diverses et variées.

La force des travailleurs atypiques est de devoir en permanence faire face à des situations auxquelles ils n’ont pas été préparés puisque, par définition, ils n’ont pas suivi la voie classique les préparant aux situations concernées. Ils doivent faire preuve de créativité afin d’élaborer des solutions nouvelles (pour eux ou tout court), collaborer pour aller rechercher les connaissances ou compétences manquantes, rapidement développer une expertise sur un sujet donné. Autant de compétences que des écoles comme l’École 42 de Xavier Niel, une école d’apprentissage en informatique en France, cherchent à développer. Eux les ont développées, de par leur parcours. De nombreuses associations québécoises et canadiennes font ainsi appel à ce type de modèle d’apprentissage dans le but de former les personnes actives à de nouvelles compétences et de les pousser à découvrir de nouvelles facettes de leur « moi », comme « Canada en programmation » qui offrent des ateliers gratuits de programmation.

Ne rien savoir pour innover

Comme l’explique un rapport de Dell et de l’Institut pour le futur (think thank californien) paru en 2017, « la capacité à acquérir un nouveau savoir vaudra plus que le savoir déjà appris ».

Puisque plus personne ne possédera les connaissances nécessaires à un projet donné, tant celles-ci deviendront de plus en plus rapidement obsolètes, notamment à cause de l’implantation des technologies exponentielles (intelligence artificielle, robotique, internet des objets, blockchain, etc.).

Tout le monde se retrouvera ainsi dans la même situation : devoir apprendre en faisant, conformément au modèle appelé « 70-20-10 » (70 % par des expériences et pratiques au quotidien, 20 % par des interactions sociales et 10 % de façon formelle). Alors, pourquoi ne pas prendre un peu d’avance et accepter ce qui constituera dans très peu de temps la norme ?

Rappelons-nous également que l’innovation peine à émerger au sein d’un collectif de clones quand, au contraire, elle se nourrit positivement des différences et de la singularité de chacun. Être différent, c’est toujours un peu douloureux, mais c’est la seule façon d’être unique ! Alors autant encourager chacun à l’être.

talensoft


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